Hors série n°1 / Genres et pratiques dans le monde arabe et méditerranéen

L’impact géopolitique du dégagisme et les stratégies préventives dans le discours d’Abdelfattah al-Sissi

Yacine Boulaghmen
L’impact géopolitique du dégagisme et les stratégies préventives dans le...

Résumé

Les révoltes populaires arabes à partir de décembre 2010, suivies de changement de dirigeants, donnent naissance au néologisme dégagisme. Né dans la rue tunisienne à partir de l'injonction dégage, ce mouvement peut illustrer la capacité d’un phénomène discursif à bouleverser les enjeux géopolitiques et les tendances socio-culturelles d’une région, voire d’un monde interconnecté. Face au web social, les politiques tentent désormais d'adopter des stratégies discursives répondant aux nouveaux défis géopolitiques incluant le citoyen, devenu un élément clé dans la prise de décision. Cette contribution propose une étude qualitative et quantitative d’un échantillon représentatif du discours officiel du président égyptien Abdelfattah al-Sissi. Dans cette optique, nous verrons à quel point les mots peuvent forger le caractère du locuteur à différentes échelles. Dans ce cas précis, al-Sissi s’affiche à la fois comme le protecteur de la nation égyptienne et l’allié incontournable des puissances étrangères dans la lutte anti-terroriste.

Mots-clés

Plan de l'article

Télécharger l'article

Introduction

Le monde arabo-méditerranéen connait depuis décembre 2010 un vaste mouvement de protestation, déclenché en Tunisie contre le président Zine Abidine Benali. Lors de cette révolte qui donna lieu à ce que les médias qualifient de Printemps arabe, le sentiment de ras-le-bol du peuple tunisien, envers la politique de répression menée par le régime, s’exprimait principalement par l’injonction dégage. Cette vague de protestations engendra une nouvelle majorité parlementaire au Maroc, un pouvoir disputé en Lybie, un remplacement de dirigeants en Tunisie et en Egypte ; et 8 ans plus tard une vacance du pouvoir en Algérie. Les nouveaux leaders de cette région du monde tentent de se maintenir au pouvoir, en adoptant des stratégies discursives à l’échelle nationale et internationale dont nous verrons quelques exemples à travers le cas de l'Egypte. Les enjeux géostratégiques que reflète la position géographique de ce dernier, entre le Machrek et le Maghreb, entre l’Afrique et l’Asie, nécessite une politique d’équilibriste entre les attentes des populations arabes, notamment vis-à-vis de la cause palestinienne, les espérances des populations africaines en matière de soutien dans la lutte contre la pauvreté et les intérêts des puissances mondiales au Moyen-Orient. C’est dans ce sens qu’il importe de rendre compte comment le président Abdelfattah al-Sissi fait toujours face à une campagne de dégagisme en provenance de l’intérieur et de l’extérieur, après la déchéance de deux dirigeants successifs. Il convient de s’interroger aussi comment la rue n’a pas encore empêché al-Sissi d’être réélu et maintenu à la tête du pays. C’est pourquoi l’Egypte constitue un cas qu’il conviendrait d’étudier de près.

Après un bref aperçu sur le concept du dégagisme et sur le rôle du web social dans la diffusion des slogans renvoyant à cette notion, une analyse textométrique nous permettra de relever des stratégies de silenciement[1] adoptées dans un nombre d’allocutions d’Abdelfattah al-Sissi, prononcées lors d’événements majeurs à l’échelle nationale et internationale, avant et après sa réélection en avril 2018. Les résultats obtenus pourront refléter la politique menée par l’Egypte sur la scène nationale et internationale et permettront de rendre compte de la capacité de persuasion d’Abdelfattah al-Sissi, pour gagner le soutien des acteurs importants dans un monde interconnecté.

Le dégagisme : définitions, concepts et typologie

Inspiré par la révolution tunisienne, le collectif artistico-politique et philosophique belge  Manifestement (2011) théorise le dégagisme et le définit comme « théorie et pratique politique nouvelle ».

Le 29 janvier 2017, suite à la victoire de Benoit Hamon aux primaires socialistes en France, face à l’ancien premier ministre Manuel Valls, Jean-Luc Mélenchon évoque dans une publication sur Facebook (figure1) « un moment particulièrement fort dans la maturation du phénomène qu'ils s'en aillent tous »[2], qu’il avait choisi comme argument de campagne[3].

Figure 1. Post de Jean-Luc Mélenchon sur Facebook suite à la victoire de Benoit Hamon aux primaires socialistes 2017, face à Manuel Valls

Dans ce même post, Mélenchon constate une analogie entre la défaite de Manuel Valls et la destitution de Benali, en soulignant que la démocratie jouit parfois autant dans le sacre que dans la destitution.  C’est dans un sens similaire que l’on trouve la définition du mot dégagisme dans le dictionnaire de la langue française. Ce néologisme a été intégré dès 2018, dans la base de données du Petit Robert en ligne, défini comme « rejet de la classe politique en place, notamment lors d'une élection. Du verbe dégager dans le sens de débarrasser (qqch., un espace) de ce qui encombre » (s.d.).

Nous constatons à ce stade que le dégagisme désigne à la fois une théorie, une pratique ou une catégorie. Ce phénomène se manifeste souvent par le ras-le-bol des électeurs qui ont non seulement envie de changer le système actuel, mais aussi le désir de sortir les hommes politiques que l'on avait jusqu'à maintenant. Il peut s’agir également d’une élection ou d’une destitution pouvant provoquer une vacance du pouvoir.

En France, le mouvement des Gilets jaunes, qui souhaite le départ d’Emmanuel Macron, nous laisse constater une différence d’interprétation du dégagisme. En ce sens, les deux publications de Tweeter ci-après (figure 2) illustrent deux lectures distinctes de cette notion par deux instances énonciatives : politique et citoyenne. La première tente de récupérer politiquement le mouvement des Gilets jaunes, alors que la seconde précise qu’il s’agit d’un mouvement apolitique.

 

 

Figure2. Tweet de Jean-Luc Mélenchon et la réponse d’un utilisateur lui rappelant que le mouvement des gilets jaunes est apolitique

De ce fait, les mouvements de protestation dans le monde contemporain peuvent donner naissance à de nouvelles interprétations du dégagisme, donnant lieu à une typologie. Celle-ci peut dépendre de la réponse des dirigeants concernés aux revendications des populations dirigées.

Pour ce qui est des pays arabes du pourtour méditerranéen, le dirigeant libyen déchu Mouammar al-Kadhafi a été assassiné dans des conditions qui restent floues, après l'intervention des forces de l'OTAN[4], suite à son refus de quitter le pouvoir. En Tunisie, Zine Abidine Benali a répondu à ce mouvement par l’exil en Arabie Saoudite, après des affrontements entre policiers et manifestants et une tentative d’apaisement par le biais d’une allocutions télévisée. Quant à Hosni Moubarak, il avait tenté de calmer la colère de la rue égyptienne par la force, puis par une promesse de quitter le pouvoir après la fin de son mandat. Mais celui-ci a fini par céder le pouvoir au commandement des forces armées. Le départ de Moubarak a débouché sur une élection présidentielle anticipée, remportée par Mohamed Morsi, candidat soutenu par l'Association des Frères musulmans, opposant historique de tous les dirigeants successifs de la république arabe d'Egypte.

Moins d’un an après[5], la télévision égyptienne ainsi que plusieurs chaines panarabes et occidentales diffusent un communiqué du commandement des forces armées, qui marqua la fin de l’ère Mohamed Morsi. Cette destitution propulsa le maréchal Abdelfattah al-Sissi à la tête du pays, après une période de transition suivie d’une élection présidentielle. Il importe de préciser ici que ce changement avait été déclenché par la rue égyptienne, qui réclamait le départ de Morsi. Il devient donc difficile de distinguer ici une révolution d’un coup d’État.

Une révolution est « un renversement des institutions politiques sous la pression du peuple [alors qu’un coup d’État est une] lutte violente entre les organes de l’État, aboutissant à l’écrasement de l’un par l’autre » (Bastid, 1945, p.493). Le coup d’État est aussi « un acte d’une autorité constituée portant une atteinte illégale et brutale à l’ordre qui la constitue, pour s’emparer du pouvoir ou s’y maintenir » (Avril & Gicquel, 2016 [1945], p.34). Nous constatons en ce sens qu’une révolution est déclenchée par « d’éléments étrangers à la machine étatique [alors qu’un coup d’État provient des arcanes du pouvoir. Mais que ce soit une révolution ou un coup d’État, les deux actes mènent à] la disparition du régime politique antérieur… ». (Bastid,1945, p.493)

Compte tenu de ces définitions, nous considérons que le mouvement de protestations contre le président Morsi, suivi de sa déchéance par les forces armées, constitue à la fois une révolution populaire et un coup d’État. Cela laisse supposer un dégagisme hybride, chose qui fait de l’Egypte un cas unique pour le moment.

Le dégagisme et le web social

Le dégagisme peut être exprimé en plusieurs langues sous plusieurs slogans et formules. En arabe, l'on réfère à ce mouvement par żāhirat fiʻl ʼamr ʼirḥal (le phénomène du verbe « partir » à l’impératif) et aux slogans qui renvoient à cette injonction par ʼaṣṣīġa al’āmira bi ʼarraḥīl (la formule ordonnant le départ) ou ṣīġa ʼattarḥīl (Sraj, 2014), qui peut être traduite par « la formule de renvoi/d’expulsion ». Il convient de préciser ici que l’injonction ʼirḥal (pars/partez) avait déjà été scandée en Egypte en 2004, en même temps que le slogan kifāya qui veut dire « ça suffit » pour réclamer le départ du régime de Hosni Moubarak. Mais cet événement discursif n’avait pas eu le même impact à l’échelle internationale que la formule « dégage ! » dans la rue tunisienne à partir de décembre 2010, 5 ans après le développement du web 2.0, favorisant l’interactivité et la sociabilité entre les utilisateurs.  Le web social est ainsi considéré comme un facteur très important de cette évolution.

C’est dans ce sens que la diffusion des formes renvoyant au dégagisme doit beaucoup aux réseaux sociaux numériques, en l'occurrence Facebook et Twitter. D’ailleurs, nous avons bien vu plus haut le rôle qu’a joué la publication de Jean-Luc Mélenchon sur Facebook dans l’émergence du mot dégagisme, avant d’être intégré dans le dictionnaire de la langue française. Par ailleurs, le hashtag illustre bien cette tendance et joue un rôle prépondérant dans la diffusion des formules et des concepts dans cet environnement techno-discursif (Paveau, 2013) qui représente un monde en tout petit (Cardon & Pélissier, 2013). C’est pour cette raison que le dégagisme peut avoir un impact sur les enjeux géopolitiques d’un pays.

Il devient donc indispensable pour les politiques de contenir les mouvements de protestation déclenchés de nos jours par le biais du web social, à l’échelle nationale et internationale. Pour ce faire, il faut être reconnu par la communauté techno-discursive en utilisant un langage adapté, favorisant la proximité avec les interlocuteurs. Ceci entre dans le cadre des stratégies discursives adoptées dans la communication politique que nous allons tenter d’illustrer ci-après par le cas du président égyptien Abdelfattah al-Sissi.

Stratégies discursives de silenciement comme enjeu géopolitique

Depuis son élection, le président d’Abdelfattah al-Sissi fait face à un mouvement de dégagisme, qui perdure même après sa réélection en avril 2018. Le maintien d’al-Sissi au pouvoir dépend de nombreux facteurs, mais nous tentons de souligner ici ceux ayant trait aux stratégies discursives lui permettant de pérenniser le régime politique en place. Dans cette perspective, nous nous intéressons à l’éthos (le caractère) de l’énonciateur collectif inscrit juridiquement dans l’appareil de l’État en tant que président de la république arabe d’Egypte.

L’éthos désigne chez Aristote des propriétés attachées à l’orateur lorsqu’il énonce. Il s’agit donc d’ « une notion discursive car il se construit à travers le discours [et d’une]  image du locuteur construite par la parole (Maingueneau, 2002, p.4). Parallèlement, le discours institutionnel « s’intéresse aux formes langagières par lesquelles l’autorité s’institue, se légitime et se pérennise, en insistant sur les contraintes formelles qui conditionnent la source énonciative. » (Maingueneau, 1991 ; Oger & Ollivier-Yaniv, 2003 ; Duchêne, 2004). Dans la même veine, le discours institutionnel répond à deux principes conjoints de formation. Le premier concerne la de stabilisation du dit par le biais de répétitions, de formules et d’autres formes de figement, d’implicites et d’effets d’évidence. Quant au second, il consiste à neutraliser toute opposition sociale conflictuelle, par la construction d’un discours technocratique ou par l’adoption de formulations consensuelles et de stratégies de « silenciement » (Krieg-Planque & Oger, 2010). C’est dans cette optique qu’il convient de relever la récurrence de certaines formes dans le discours d’Abdelfattah al-Sissi, permettant à celui-ci de forger son éthos auprès de son audience à l’échelle nationale et internationale.

A travers une analyse préliminaire du discours d’al-Sissi à différentes échelles, nous avons constaté que la situation des droits humains en Egypte est souvent abordée avec des interlocuteurs occidentaux. Nous pouvons citer à cet égard la visite d’Emmanuel Macron en Egypte en janvier 2019, le sommet UE-Ligue des États arabes et la conférence de Munich sur la sécurité, en février 2019. En réponse aux critiques concernant la situation des détenus dans les prisons égyptiennes, le président al-Sissi insiste sur le fait que l’Egypte mène une lutte anti-terroriste à l’échelle nationale et régionale, tout en précisant que les personnes emprisonnées représentent une menace pour la sécurité de l’État. Ces événements nous ont permis aussi d’identifier des notions ayant trait à la politique interne, mais qui sont souvent exposées à l’échelle internationale. La situation des droits humains pourrait justifier une ingérence dans les affaires internes d’un pays, chose qui peut déstabiliser le régime politique en place. En même temps, la lutte anti-terroriste peut justifier les mesures de répression prises par les autorités pour garantir la sécurité des citoyens.

Analyse texto-métrique et résultats

En retenant la notion des droits humains et celle de la lutte anti-terroriste, nous avons traité avec le concordancier Antconc, la transcription d’un nombre d’allocutions d’al-Sissi prononcées à l’occasion d’événements périodiques durant l’année précédant et celle suivant sa réélection à la magistrature suprême. Notre outil de travail fait partie des quelques logiciels d’analyse texto-métrique pouvant traiter des corpus en caractères arabes.

 

Le tableau 1 ci-après présente le corpus de notre analyse qui consiste à relever des segments répétés composés des mots al-insān, qui veut dire « l’être humain » et al-irhāb traduit par « le terrorisme » ou de leurs synonymes et dérivés. Nous considérons que certains figements peuvent renvoyer à des leitmotive de la politique menée par l’Egypte à l’échelle nationale et internationale.

 

Allocutions d’Abdelfattah Al-Sissi (avant et après sa réélection le 02.04.2018)

Al-Mawlid al-nabawi (AZHAR)

29.11.2017

19.11.2018

Congrès National de la Jeunesse (CNJ)

27.04.2017

29.07.2018

Sommet de Ligue arabe (LA)

29.03.2017

15.04.2018

Sommet de l’Union Africaine (UA)

28.01.2018

11.02.2019

Forum Mondial de la Jeunesse (FMJ)

09.11.2017

03.11.2018

Assemblée Générale ONU (ONU)

19.09.2017

25.09.2018

Tableau1. Allocutions d’Abdelfattah Al-Sissi (avant et après sa réélection le 02.04.2018)

La thématique de chaque événement facilite la classification de chaque allocution dans un contexte national et international, voire régional.

Les allocutions à l’occasion de al-mawlid al-nabawi[6] à al-Azhar et celle du congrès national de la jeunesse (CNJ) sont destinées principalement au peuple égyptien. Celles présentées respectivement aux sommets de la ligue arabe (LA) et de l’Union africaine (UA)  s’adressent initialement aux populations arabes et africaines. Et enfin, l’allocution de clôture du forum de la jeunesse mondiale (FMJ) et celle prononcée devant l’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU) visent à impacter l’opinion publique à l’échelle mondiale. 

Afin de relever des segments répétés, nous avons paramétré le concordancier de sorte qu’il détecte des cooccurrences entre deux mots au minimum, qui paraissent au moins deux fois, même dans une seule allocution. Nous avons traité par la suite les allocutions précédant la réélection d’Abdelfattah al-Sissi (Tableau2) puis celles prononcées après sa réélection (Tableau3). En recherchant les formes insān et irhāb, nous avons relevé les récurrences inventoriées par nombre d’allocutions dans lesquelles ils apparaissent et le nombre total de leur fréquence.

Avant la réélection d’Abdelfattah al-Sissi

Segment

Nombre d’allocutions (/6) contenant le segment

Fréquence totale

binā’ al-insān

(la construction de l’être humain)

AZHAR (1)

2

muwājahat al-irhāb

(affrontement du terrorisme)

ONU, LA, FMJ, UA (4)

4

mukāfaat al-irhāb

(combattre le terrorisme)

UA, CNJ (2)

2

al-irhāb wa al-taṭarruf

(le terrorisme et l’extrémisme)

FMJ, UA, LA (3)

3

ḫaṭar al-irhāb

(le danger du terrorisme)

LA, ONU (2)

2

idd al-irhāb

(contre le terrorisme)

LA, CNJ (2)

2

al-munaẓamāt al-irhābiyya

(les organisations terroristes)

LA, UA (2)

2

al-tanẓīmāt al-irhābiyya

(les organisations terroristes)

ONU, UA (2)

3

al-`unf wa al-irhāb

(la violence et le terrorisme)

UA (1)

2

al-afkār al-mutaarrifa

(les pensées extrémistes)

LA, UA, AZHAR (3)

4

Tableau2. Segments répétés, fréquence et nombre de textes, avant la réélection d’Abdelfattah al-Sissi

Dans le corpus précédant la réélection du président al-Sissi, nous enregistrons un nombre plus important de formules composées de la forme irhāb que celle composées de la forme insān.

La formule muwājahat al-irhāb qui veut dire « affrontement du terrorisme » est présente par exemple dans quatre textes sur les six analysés pour cette période. Nous avons également détecté d’autres formules composées de irhāb répétées dans un, deux ou trois textes. Dans un souci de clarté, il importe de contextualiser ces occurrences pour tenter de justifier leur emploi par le locuteur.

Dans cette optique, nous constatons que le mot irhāb est présent dans toutes les allocutions, sauf celle prononcée à al-Azhar à l’occasion du al-mawlid al-nabawi. Dans cette dernière, nous repérons le syntagme al-afkār al-mutaarrifa traduit en français par « les idées extrêmes » ou « l’extrémisme », qui peut être interprété comme « extrémisme religieux », si l’on se réfère au contexte de l’énonciation. Ce segment renvoie au terrorisme, sachant que le président égyptien propose à cette occasion une réforme du discours religieux, à cause des groupes d’individus ayant terni l’image de la religion musulmane, en justifiant leurs crimes par une interprétation erronée des textes fondateurs de l’islam. Dans cet esprit, nous constatons qu’une analyse quantitative permet de définir une tendance. Et afin de donner une meilleure interprétation des observables, une analyse qualitative sera nécessaire pour identifier des mots entre lesquels il existe une valeur sémantique commune. Celle-ci peut être décrite par d'autres signes renvoyant à une même réalité extralinguistique liée à une culture donnée. Comme le fait remarquer Tournier « la fréquence d’un terme ne signifie rien ; une liste commence à parler ; une grappe révèle des valeurs sous-jacentes. Comparaison fait raison. Ces listes tiennent de la grappe, c’est-à-dire d’un ensemble de signes fonctionnant en dépendance » (2002, p.30).

Cela peut expliquer la présence du segment al-afkār al-mutaarrifa dans les allocutions prononcées respectivement à al-Azhar, lors du sommet de la Ligue arabe et celui de l’Union africaine. L’allocutaire principale de ces trois discours comprendrait plus facilement le sens de cette expression, puisque l’Egypte, le monde arabe et l’Afrique représentent le lieu d’évolution de sociétés dont les valeurs et les principes sont souvent fondées sur les préceptes de l’islam. Par conséquent, le destinataire principal voit le terrorisme comme une menace pour la religion musulmane et estime nécessaire la réforme du discours religieux proposé par al-Sissi, qui éviterait l’amalgame entre terrorisme et islam. Cette réforme entre dans le cadre du projet intitulé ‘i`ādat binā’ al-insān al-miṣrī, qui veut dire littéralement « la reconstruction de l’être humain égyptien », l’un des projets phares du programme politique du président al-Sissi, candidat à sa propre succession.

C’est justement dans l’allocution prononcée à al’azhar que nous relevons la formule binā’ al-insān, chose qui montre son importance à l'échelle nationale. A travers l’expression al-afkār al-mutatarrifa, al-Sissi tente d’identifier la source du terrorisme et de présenter ce phénomène comme une menace sur l’identité nationale. Le président sortant propose ensuite la solution ‘i`ādat binā’ al-insān al-miṣrī pour combattre ce phénomène en amont, sachant qu’il mène déjà un combat en aval contre les groupes terroristes au Sinaï, dans le cadre de l’opération Sinaï 2018.

Dans la partie suivante, nous verrons quelles formules emploiera al-Sissi en majorité après sa réélection, entre celles situées dans le même champ sémantique du mot insān (être humain) et celles dans celui de irhāb (terrorisme).  

Après la réélection d’Abdelfattah al-Sissi

Le tableau3 présente l’inventaire des récurrences relevées dans un nombre d’allocutions d’al-Sissi après sa réélection en avril 2018. Les données recueillies révèlent la présence de la formule binā’ al-insān, « la construction de l’être humain » dans les deux allocutions ayant comme destinataire principal le peuple égyptien, à savoir celles prononcées respectivement à l’université du Caire à l’occasion du congrès national de la jeunesse et à al-azhar à l’occasion de al-mawlid al-nabawi en novembre 2018.

Segment

Nombre d’allocutions (/6) contenant le segment

Fréquence totale

binā’ al-insān

(la construction de l’être humain)

AZHAR, CNJ (2)

3

ḥuqūq al-insān

(les droits humains)

ONU, FMJ (2)

7

al-insān al-misrī

(l’être humain égyptien)

CNJ (1)

3

al-insān al-muslim

(l’être humain musulman)

AZHAR (1)

2

al-qiyem al-insāniyya

(les valeurs humaines)

AZHAR, AL (2)

2

mukāfaat al-irhāb

(combattre le terrorisme)

ONU, LA (2)

6

al-tanẓīmāt al-irhābiyya

(les organisation terroriste)

LA (1)

4

al-nizā`āt al-musallaḥa

(les conflits armés)

ONU (1)

2

binā’ al-salā m

(construire la paix)

UA (1)

2

Tableau3. Segments répétés, fréquence et nombre de textes, après la réélection d’Abdelfattah al-Sissi

Nous constatons aussi trois occurrences de la formule al-insān al-miṣrī (l’être humain égyptien) dans l’allocution prononcée à l’université du Caire et destinée à la jeunesse égyptienne (extrait 1). Cette formule est souvent employée lorsque le président al-Sissi explicite son projet de reconstruction de l’être humain égyptien.

Extrait 1

« inna al-marḥala al-qādima min masīrat al-ʿamal al-waṭanī tafriḍ ʿalaynā waḍʿ al-insān al-miṣrī [l’être humain égyptien] fī muqaddimat awlawiyāt al-dawla wa sa takūn ṣiyāġat wa bināʾ al-insān al-miṣrī [l’être humain égyptien] hiya aḥad aham maḥāwir al-ʿamal fī al-dawla. wa sa yakūn mašrūʿunā al-qawmī al-ʾaham huwa ʾistiʿādat al-hawiyya al-miṣriyya [l’identité égyptienne] ʾilā ṭabīʿatihā al-ʾaṣīla baʿd ʾan kādat baʿḍ al-muḥāwalāt al-ẖabīṯa tašwīhihā wa al-nayli minhā min aǧl aǧandāt wa ʾaydyūlūǧiyyāt tuʿādīhā wa turīd ṭamsahā. wa huwa mā rafaḍahu al-miṣriyyūn bi šaklin qāṭiʿ. wa sa takūn ʿamaliyyat ṣiyaāġat bināʾ al-insān al-miṣrī [l’être humain égyptien ] ʿamaliyya šāmila fī al-šakli wa al-maḍmūn. »

« …La prochaine étape de la marche d'action nationale nous oblige à placer l’être humain égyptien [al-insān al-miṣrī] au premier plan des priorités de l'État. La formulation et la construction de l’être humain égyptien [al-insān al-miṣrī] seront l'un des axes de travail les plus importants dans le pays. Notre projet national le plus important sera de restaurer l'identité égyptienne [al-hawiyya al-miṣriyya] dans sa nature originale après que certaines tentatives malveillantes l'ont presque déformée et sapée, au service d’agendas et d’idéologies hostiles voulant l’anéantir, chose que les Égyptiens ont catégoriquement rejeté. Le processus de la formulation de la construction de l’être humain égyptien [al-insān al-miṣrī]sera un processus complet dans la forme et le contenu… ». (Abdelfattah al-Sissi, Le Caire, le 28 juillet 2018)

Le concordancier relève également 7 occurrences de  ḥuqūq al-insān « droits humains ». Mais celles-ci n’apparaissent que dans deux allocutions de Abdelfattah al-Sissi (devant l’Assemblée Générale de l’ONU et au Forum Mondial de la Jeunesse).

En vue de mieux illustrer l’emploi de quelques formules comportant les formes insān et irhāb, nous présentons ci-après quelques passages de l’intervention d’al-Sissi à la 73ème session de l’Assemblée Générale de l’ONU. Ces extraits ont été transcrits à partir de leur traduction française disponible sur la Web TV de l’Organisation des Nations Unies.

Extrait 2

« … Comment blâme-t-on un Arabe qui remet en question la crédibilité des Nations Unies et les valeurs qu’elles représentent, alors que sa région encourt des risques de démantèlement et d’effondrement de l’État-nation au bénéfice d’une vague de terrorisme [irhāb] et de tensions sectaires et confessionnelles usant les valeurs des peuples arabes ? ».

Extrait 3 

« …Combler les lacunes qui existent dans le système des droits humains [ḥuqūq al-insān] à l’échelle internationale. La crédibilité des Nations Unies ne peut être établie tant que des millions de personnes continueront de souffrir de la pauvreté extrême ou vivront sous occupation étrangère, tant qu’il y aura des victimes du terrorisme [irhāb] et des conflits armés… »

Extrait 4

« …Ce n’est pas en parlant de politiques de diffamation dans les médias ou en politisant les mécanismes des droits humains  [ḥuqūq al-insān] que ces droits sont protégés, il faut le faire de manière globale et équitable, en intégrant les droits économiques sociaux et culturels … »

Nous constatons dans ces extraits deux champs sémantiques autour des formules « droits humains » et « terrorisme ». La première apparait en cooccurrence avec « pauvreté », « victime », « occupation », « protection », « sociale », « culturelle » et « économique ». Quant à la seconde, elle est souvent employée dans les mêmes extraits avec des mots et expressions comme « affrontement », « combat », « lutte », « victimes », « sectarisme », « conflits armés », « conflits confessionnels ».

En plus de ces deux champs sémantiques dont la liste des mots n’est pas exhaustive, le président égyptien évoque conjointement le terrorisme et les droits humains, en soulignant par exemple que le fait de rendre justice aux victimes du terrorisme représente un aspect des droits humains. Ces deux figements sont employés par Abdelfattah al-Sissi pour répondre aux critiques envers la politique de l’Egypte vis-à-vis des droits humains.

L’allocution d’al-Sissi devant l’assemblée générale de l’ONU coïncide avec son interview accordée à la chaine télévisée nord-américaine CBS[7]. Les extraits publiés de cette rencontre illustrent la portée internationale des critiques visant le régime égyptien concernant la situation des droits humains. Il convient de noter ici que les interprétations de ces extraits, par différents acteurs à différentes échelles, peuvent manquer de neutralité. De ce fait, celles-ci ne feront pas l’objet de notre étude. Nous nous intéressons plutôt à rechercher dans ces séquences les notions que nous avons pu relever lors de l’analyse texto-métrique des allocutions d’al-Sissi citées auparavant.

En réponse aux critiques relayées par le journaliste de la CBS, le président égyptien souligne que les individus détenus dans les prisons égyptiennes représentent une menace sur la stabilité du pays. A cette même occasion, il affirme que l’Egypte entretient une coopération à grande échelle avec les Israéliens dans la lutte anti-terroriste au nord du Sinaï. Ce discours peut attribuer à al-Sissi le caractère de l’homme indispensable pour le maintien de la paix en Egypte et pour le respect des accords de Camp David conclus avec Israël en 1978. Mais pour éviter la colère des populations arabes, une photo d’al-Sissi (figure3) en compagnie du président palestinien Mahmoud Abbas a été publiée sur la page officielle du président égyptien sur Facebook, et ce après l’annonce de la diffusion des extraits de son interview sur la chaine CBS. Cette publication vise à afficher le maintien de la position historique de l’Egypte vis-à-vis de la cause palestinienne, malgré sa coopération militaire avec le Tsahal.

Figure3. Post publié sur la page Facebook d’Abdelfattah al-Sissi, suite à sa rencontre avec le Président palestinien Mahmoud Abbas, le 05.01.2019

A travers cette analyse texto-métrique, nous constatons dans le discours d’al-Sissi avant sa réélection, une prédominance de formules avec irhāb comparées à celles composées de insān. Cela est peut-être dû à la préparation de l'opinion pour mener l’opération Sinai 2018 à partir de février de la même année contre des groupes terroristes armés. Cette prédominance sur le plan discursif peut aussi positionner al-Sissi comme l’homme de la situation et le protecteur de la nation. D’ailleurs, son passé sous les drapeaux avant d’être élu président de la république peut renforcer cette image auprès des électeurs. Tous ces éléments peuvent lui être bénéfiques pour renouveler son mandat présidentiel.

Sens et significations du mot insān et de la formule ḥuqūq al-insān dans le discours d'Abdelfattah al-Sissi

Nous relevons dans les allocutions d’al-Sissi après sa réélection une prédominance de formules associées au mots insān par rapport à celles situées dans le champ sémantique du mot irhāb . Cela reflète l’enjeu que peut représenter l’élément humain dans la politique menée par l’Egypte sur le plan interne et externe.

Compte tenu du contexte des allocutions d'al-Sissi à l’occasion de al-mawlid al-nabawi à al-Azhar et celle du congrès national de la jeunesse, le mot insān, dans les formules al-insān al-miṣrī et binā’ al-insān, peut être interprété dans le sens de « citoyen », « identité » ou « esprit ».

Dans un cadre spirituel comme celui d'al-Azhar, les deux formules peuvent être respectivement traduites vers le français par « l'esprit égyptien » et « construire l'esprit ». En plus du contexte spatio-temporel, nous constatons l’emploi de cette formule en cooccurrence avec la formule natwīr al-‘uqūl traduite par (éclairer les esprits), comme dans l’extrait suivant que nous avons traduit :

Extrait 5

«… lā yuẖfa ʿalaykum anna bināʾ al-insān [construire l’être humain] wa tanwīr al-ʿuqūl [éclairer les esprits] wa taḥṣīnuhā min al-ʾafkār al-ẓalāmiyya al-haddāma lā yaqil ahamiyya ʿan al-miḥwarayn al-sābiq ḏikruhumā.. ʾin lam yakūn al-ʾaham ʿalā al-iṭlāq wa min hunā ǧāʾat daʿwatī litaǧdīd al-ẖiṭāb al-dīnī.. saʿyan litanqiyatihi min al-ʾafkār al-maġlūṭa ʾallatī yastaġilluhā al-baʿḍ litaḍlīl abnāʾinā wāǧtiḏābihim ila ṭarīq al-ẓalām wā al-tadmīr… »

« …Ce n’est un secret pour vous que construire des êtres humains [bināʾ al-insān], éclairer les esprits [tanwīr al-ʿuqūl] et les protéger des idées sombres et destructrices est aussi important que les deux axes mentionnés ci-dessus… si ce n’est pas le plus important de tou…, d’où mon appel à renouveler le discours religieux. Pour le purifier des fausses perceptions que certains utilisent pour tromper nos enfants et les attirer sur le chemin de l’obscurité et de la destruction… » (Abdelfattah al-Sissi, Le Caire, le 29 novembre 2017)

Et lorsque ces deux formules en arabe sont employées lors du congrès national de la jeunesse, elles peuvent être traduite par « citoyen/identité égyptien.ne » et « construire le citoyen/l'identité ». D’ailleurs, le président égyptien souligne bien à la même occasion que son « projet national le plus important sera être de restaurer l'identité égyptienne [al-hawiyya al-miṣriyya] dans sa nature originale » (voir l’extrait 1).

Au-delà de ces interprétations du mot insān dans un contexte national, nous constatons à travers l’extrait 4 de l’allocution d’al-Sissi devant l’assemblée générale de l’ONU, une tentative d’appropriation de la notion des droits humains. Le président égyptien dénonce l’instrumentalisation de cette notion par les politiques et les médias à des fins diffamatoires, et propose ainsi d’intégrer les droits économiques, sociaux et culturels dans sa définition. Al-Sissi s’insère ainsi dans une communication avec les auditoires aux fins de conquérir ou maintenir le droit de gérer la communauté concernée par d'éventuels conflits sur le plan communicationnel, grâce à « un triple acte d’appropriation. Celle de la parole, de la langue et du langage » (Tournier 2002, §3).

Dans la même veine, al-Sissi fait allusion aux inégalités que subissent des populations dans le monde ainsi que la difficulté d’accès aux soins. En ce sens, il pointe du doigt la responsabilité de l’ONU et son incapacité à prendre des mesures nécessaires contre la pauvreté et à faire respecter les résolutions internationales, notamment celles qui prévoient l’établissement d’un État palestinien ayant comme capitale Jérusalem-Est.

Conclusion

A la lumière de cette recherche, le discours officiel égyptien semble mettre en avant la lutte anti-terroriste pour gagner le soutien de l’Occident dans le maintien de sa souveraineté juridique à l’échelle nationale. En même temps, le web social peut être un moyen d’exposer des situations créées par des États et qui peuvent être intolérables aux yeux de la communauté internationale (Schwarzenberger, 1949, p.129). Sauf que dans des questions aussi vitales pour la paix dans le monde, chaque État est maître de faire la loi dans les parties du monde que le droit international place sous son entière responsabilité (Schwarzenberger, 1949, p.128). Ce qui permet d’exercer la violence étatique légitimée par la force juridique en quoi consisterait la souveraineté (Barraud 2017, §18). Mais cette notion prend souvent un aspect nébuleux et indéterminé, car elle est employée pour désigner de nombreuses situations politiques ou juridiques relatives à la légitimité du pouvoir, à l’exercice de certaines prérogatives ou à la définition de l’État.

Pour ce qui est de l'Egypte sous la présidence d'Abdelfattah al-Sissi, son discours officiel affiche une souveraineté qui peut être décrite comme opérationnelle, puisqu’elle met en avant la capacité de l’État souverain à participer à des institutions internationales, à élaborer des normes permettant précisément la régulation de ces interactions (Delcourt, 2005, p.6) avec des puissances régionales et mondiales. Cette description est différente de celle de la souveraineté absolue et indivisible qu’affichait l'ancien président Gamal Abdel Nasser, notamment lors de la nationalisation du canal de Suez. Ce changement peut être dû à l’évolution de la politique internationale à laquelle les dirigeants doivent s’adapter, en se construisant un éthos par lequel ils pourraient convaincre dans les nouveaux espaces, et ce en simulant une démocratie participative. Ces espaces que représente le web social constituent à la fois une menace pour les systèmes politiques représentatifs et une tribune transnationale, au sein de laquelle il est possible de s'approprier le langage d’une communauté dont les membres se construisent des représentations par convention, sur le plan sémiotique et politique.

Bibliographie

AVRIL, P. & GICQUEL, J. (2016). Lexique de droit constitutionnel. Chap. C. (c p. 34 Coup d’État). Presse Universitaire de France.

BASTID, P. (1945). Doctrines et institutions politiques de la Seconde République (2). Hachette (réédition numérique FeniXX). Consulté le 01.03.2019. Récupéré à  https://urlz.fr/9iGY

BARRAUD, B. (2017). Souveraineté de l’État et puissance de l’État. Revue de la Recherche Juridique – Droit Prospectif 2017-1, n° 165. Consulté le 15.01.2019. Récupéré à https://urlz.fr/9iIt

CHÉMALI. A. (2019). Egypte : le président Sissi échoue à censurer sa propre interview sur CBS. Francetvinfo.fr. Publié le 08.01.2019. Consulté le 01.04.2019. Récupéré à https://urlz.fr/aBjw

DELCOURT, B. (2005). Le principe de souveraineté à l’épreuve des nouvelles formes d’administration internationale de territoires. Pyramides, n°9 [En ligne]. Publié le 22.09.2011. Consulté le 03.03.2019. Récupéré à http://journals.openedition.org/pyramides/349

DUCHÊNE, A. (2004). Construction institutionnelle des discours : idéologies et pratiques dans une organisation supranationale. Travaux de neuchâtelois de linguistique, n°40, 93-115.

Inauguration de la 6e Conférence nationale de la Jeunesse à l’Université du Caire (2018). Le Progrès égyptien. Publié le 29.07.2018. Consulté le 20.02.2019 sur https://urlz.fr/9iI8

KRIEG-PLANQUE, A., & OGER, C. (2010). Discours institutionnels : Perspectives pour les sciences de la communication.  Mots. Les langages du politique­, n°94 [En ligne]. Publié le 06.11. 2012.Consulté le 23.01.2019. Récupéré à http://journals.openedition.org/mots/19870

Le Petit Robert de la langue française. (s.d). Dégagisme. Dans dictionnaire en ligne. Consulté le 12.12.2018 sur https://petitrobert-lerobert-com.ezpupv.biu-montpellier.fr/robert.asp

MAINGUENEAU, D. (1991). L’Analyse du discours : introduction aux lectures d’archive. Paris : Hachette.

MAINGUENEAU, D. (2002). L'ethos, de la rhétorique à l'analyse du discours. Pratiques n° 113-114 [En ligne]. Publié en juin 2002. Consulté le 02.02.2019. Récupéré à https://urlz.fr/9iHH.

MOUTON, O. (2011). Ces Belges qui ont inventé le « dégagisme ». Le soir.be. Publié le 04.03.2011. Consulté le 02.01.2019. Récupéré à https://urlz.fr/9iHT

OGER, C. & OLLIVIER-YANIV, C. (2003). Analyse du discours institutionnel et sociologie compréhensive : vers une anthropologie des discours institutionnels. Mots. Les langages du politique, n°71, 125-144.

PAVEAU, M.A. (2013) Technodiscursivités natives sur Twitter. Une écologie du discours numérique. Épistémé (Revue internationale de sciences humaines et sociales appliquées), n° 9, p.139-176. Séoul. ffhal-00859064f

SCHWARZENBERGER, G. (1949). La souveraineté nationale : idéologie et réalité. Politique étrangère n°2, p.127-138. DOI : https://doi.org/10.3406/polit.1949.2814

SRAJ, N. (2014). L’Égypte de la révolution et les slogans de la jeunesse : étude linguistique d’une expression spontanée. Orient Institute of Beyrouth / Arab Center for Research and Policy Studies.

TOURNIER, M. (2002). Discours politique et stratégies d’appropriation. Le cas Chirac. Propos d’étymologie sociale. Tome 3 : Des sources du sens. ENS Éditions. doi :10.4000/books.enseditions.2222

Sitographie

Elwatan. (2011). L’universel démocratique face au «dégagisme». El Watan. Publié le 18.04.2011.Consulté le 12.01.209 sur https://urlz.fr/9iI5

Le Point.fr. (2017). Victoire de Benoît Hamon : Mélenchon adoucit son discours. Le Point. Publiée le 29.01.2017. Consulté le 15.01.2019 sur https://urlz.fr/9iHQ

QASSÂS (al), A. (2011) حركة كفاية.. الأب الروحي للثورة الجمعة. Youm7.com. Publié le 25.02.2011. Consulté le 02.02.2019. sur https://urlz.fr/9pH9

UN Live United Nations Web TV - Search Results for "al-sisi" - Égypte - Débat général, 73e session (2018). [Vidéo]. United Nations Web TV. Publié le 25.09.2018. Consulté le 02.03.2019 sur https://urlz.fr/f6Ic

ZARAA, M. (2019).  كيف تمكّن السيسي من استعادة علاقات النظام المصري مع الدول الغربية؟ . Raseef22.com. Publié le 25.03.2019. Consulté le 30.03.2019. Récupéré à https://urlz.fr/9kYW

Liste des figures

Figure1. Post de Jean-Luc Mélenchon sur Facebook suite à la victoire de Benoit Hamon aux primaires socialistes 2017, face à Manuel Valls

Figure2. Tweet de Jean-Luc Mélenchon et la réponse d’un utilisateur lui rappelant que le mouvement des gilets jaunes est apolitique

Figure3. Post publié sur la page Facebook d’Abdelfattah al-Sissi, suite à sa rencontre avec le Président palestinien Mahmoud Abbas, le 05.01.2019

Liste des tableaux

Tableau1. Allocutions d’Abdelfattah Al-Sissi (avant et après sa réélection le 02.04.2018)

Tableau2. Segments répétés, fréquence et nombre de textes, avant la réélection d’Abdelfattah al-Sissi

Tableau3. Segments répétés, fréquence et nombre de textes, après la réélection d’Abdelfattah al-Sissi

 

Normes de transcription

 

[1] Le silenciement consiste ici à adopter un discours consensuel afin de limiter, voire d'éviter d'éventuels discours contestataires.

[2] Le slogan « Que se vayan todos » a été scandé pour la première fois dans l’histoire contemporaine en Argentine, lors de la révolte de décembre 2001, contre des mesures économiques prises par le gouvernement en place.

[3] « Qu’ils s’en aillent tous » - vite la révolution citoyenne  est le titre d’un livre publié par Mélenchon en 2011, Flammarion.

[4] Organisation du Traité de l'Atlantique Nord

[5] Le 3 juillet 2013

[6] Jour de commémoration de la naissance du prophète Mahomet

[7] Chémali. A. (2019). Egypte : le président Sissi échoue à censurer sa propre interview sur CBS. Francetvinfo.fr. Publié le 08.01.2019. Consulté le 01.04.2019. Récupéré à https://urlz.fr/aBjw

 

Du même auteur

Tous les articles
Genres et pratiques dans le monde arabe et méditerranéen
Hors série n°1 / 2021

Genres et pratiques dans le monde arabe et méditerranéen

Lire la suite
Distraction et persuasion de l’audience : le cas du discours...
Actes n°2 / 2020

Distraction et persuasion de l’audience : le cas du discours officiel égyptien

Lire la suite